Le coeur au milieu

Sur le dessus d’une rivière, il y a des lèvres dessinées, une à gauche, une à droite, celle du milieu dit je t’aime à tous ceux qui passent par là.

J’ai ôté mon coeur, et je l’ai rincé dans l’eau de la rivière. Il avait été sali par la poussière d’un ange, qui croyait aux ténèbres éternels. J’ai soufflé dessus et je l’ai senti battre, dans mes mains.

Je l’ai déposé dans ma poitrine, doucement, comme un oiseau endormi, et il a dessiné dans le ciel une constellation d’étoiles. L’une indiquait le nord, l’autre le sud. Je me suis perdue entre les deux, et j’ai regardé au milieu. J’ai vu un immense feu, resplendissant de joie.

Je me suis approchée, doucement, pour me réchauffer, suite à ma promenade nocturne, et c’est là qu’un cormoran est arrivé, il a regardé le fond de mes yeux et il y a glissé deux énormes diamants. Celui de droite dicte la peine, celui de gauche dicte la joie.

Lorsque mon coeur fut au milieu, tous deux purent resplendir d’amour, et je me suis baignée, réconciliée, dans le Distre d’une balade d’été.

Mon empire

Lorsqu’au lointain, se dresse un beau mirage, je m’empresse de mettre mes lunettes de vue. Sont-elles colorées d’un immense coeur ou de l’effroi d’une vie qui s’oublie ?

Mes tourments se sont toujours nichés au coeur de mes manques les plus intimes. Pour les oublier, j’avais tendance à me gaver de ce que l’on m’offrait sans ménagement.

Aujourd’hui, je dresse mes lunettes de vue et je choisis, allègrement, ce qui fait battre mon coeur, non pas d’excitation, de peur, mais de douceur, de joie, de candeur. Là, je peux avancer d’un pas, sereinement, et bâtir le plus sur des empires : le mien.

Je vous aime et vous souhaite un doux week-end, plein d’étoiles dans le coeur.

Photographie : André Arment

Le choix de vivre

Le jour où j’ai décidé d’écrire, c’est aussi le jour, où, tout s’est arrêté. Bien malgré moi, j’ai du recommencer, à tourner en rond, au coeur de ma destinée. J’avais décidé de faire, tout ce qui était juste pour moi, et à partir de là, tout s’est enrayé.

Là où j’étais dans un doux réconfort, je me suis retrouvée dans un vide, plus terrible encore que la mort, mon écriture s’était tarie, et les quelques mots qui jaillissaient de ma main me disaient, à quel point j’avais tort, de m’acharner sur ce sort.

Puis, la grâce est revenue, des années après, et je ne l’ai plus lâchée. Ce jour-là, je m’étais simplement posée, à une terrasse de café, et j’avais offert mon corps, au loisir de l’écriture, j’ai laissé faire, j’ai écrit n’importe quoi, dans un abandon illicite, celui de mon écriture.

C’est là que tout a finalement commencé.

Voilà pourquoi, en ce jour de fête, que vous soyez seul, abandonné, à plusieurs, réconciliés ou simplement amoureux, je vous souhaite le meilleur, un voyage au coeur de vous-même, dans le plus pur abandon, des saveurs, des offrandes, de tout ce que vous allez découvrir aujourd’hui…

Joyeuse fête à vous

Photo : Marrades Sol