Une nouvelle lune

L’oiseau a été endormi par un souffle du vent,
une caresse chaude qui lui a conté un rêve,
celui de renaitre au coeur de ses cendres.
Lorsqu’il sorti son bec de sa tanière,
il a plongé directement, dans un enfer de foudres,
celles de toute une vie à attendre autre chose que lui-même.

Puis, il s’est relevé, le duvet soyeux a recouvert son dos de lumière
et il a dressé l’une de ses ailes dans le vent.
Celui-ci l’a caressé du dos de ses mains,
et lui a permis de voler,
en échange d’un baiser.

Chaque fois que tu voudras renaitre, je serai là,
chaque fois que tu me laisseras faire, je serai à toi,
à chaque instant.
Ne crains pas le souffle du vent,
qui te porte au-delà de toi
et ce sont des poussières des étoiles du ciel,
qui rejailliront depuis tes yeux,
Percevant alors, l’infinie beauté du monde,
éternelle.

Photographie : Three Nails — Workshop de Gatsby

Mon ombre, ma lumière

La danse incertaine des deux femmes qui se nourrissent en mon sein se dessine sans cesse, au creux de mon ombre et de ma lumière.

Lorsque je m’approche de la première, elle se recroqueville sur elle-même, haineuse, colérique, elle me montre du doigt la femme frivole et libertine qui danse à ses côtés, légère comme un mirage.

Ignorant tout de sa consoeur, la lumière virevolte, à en perdre haleine, ne s’occupant de rien d’autre que d’elle-même.

L’ombre occulte le fait que je sais tout d’elle-même, la profondeur qui se niche en elle, la magie de son coeur et le doute qu’elle ose nourrir en moi, me rendant à la vie en mouvement.

La lumière se croit seule au monde, et pourtant, je l’oublie parfois, trop absorbée par son évanescence.

Je les invite à se réunir.
L’une comme l’autre s’y refusent.
L’ombre regarde la lumière d’un oeil mauvais
et la lumière préfère jouer à la grande.

J’incite chacune d’elle à venir en mon coeur.
L’ombre hésite, mais une lueur d’espoir illumine son regard.
La lumière se fait maussade, mais elle ne peut refuser une telle aventure.
Toutes deux se joignent en mon sein, et se donnent la main.

Mes pieds alors se re-déposent sur le sol. Toutes mes pensées laborieuses se réveillent en une créativité joyeuse. Je suis l’ombre, la lumière, un mouvement incessant, semblable à celui d’un peintre sur une toile.

Je me dresse au coeur de moi-même et je resplendis de toutes mes facettes. 
Tantôt maligne, tantôt subtile,
Tantôt divine, tantôt atroce,
Rigolote ou vouée à la camisole,
Parfois maussade, parfois gaie,
Souvent incertaine. 
Mais qu’importe. 

Car au creux de mon sein, voilà qu’une porte s’est ouverte.

Derrière ce corps qui se relève,
et se nourrit à nouveau de la terre,
il existe, un doux secret,
celui d’une lumière éternelle, 
qui navigue sur des flots ombrageux, 
et dresse son chemin, au coeur de mon âme, 
qui s’exprime, enfin, au grand jour.

Qu’importe le chemin, 
Car me voilà femme.


Photographie: Katerina Plotnikova

Ma longue journée

Le vol d’une belle hirondelle a retenti au lointain.
J’ai ouvert les deux volets
et j’ai vu la journée commencer.
Elle était longue, voluptueuse, somptueuse,
Je le savais.

Je l’avais senti en mon coeur
comme l’annonce du jour le plus long
et j’avais jeté au ciel ma rancoeur
de ne pas la voir recommencer.

J’ai chéri le sol, sous mes pieds,
et je l’ai embrassé de mon âme,
pour le remercier,
de m’avoir portée toute la journée.

Il m’a prodiguée une caresse,
celle d’un ange qui sait que vivre,
et je lui ai répondu d’un souffle,
celui d’une femme qui ouvre ses ailes.

Je vous souhaite, à toutes, à tous, un beau solstice d’été.

Instinct et amour de soi – L’apogée de Diane chasseresse (Artémis) et le retour aux sources

La mythologie regorge de violences en tous genres. Les femmes, y compris les déesses, sont contraintes par des dieux harceleurs, férus de ce qu’elles sont.

Longtemps, et encore aujourd’hui, l’instinct fut perçu comme contradictoire avec l’amour. Mais l’amour tel qu’il est décrit dans la mythologie est bien différent de celui qui circule réellement dans nos corps. Luttes de pouvoir, enjeux contradictoires, les scénarios vont bon train, les histoires se racontent, au fil des vies, et oublient de sentir, le corps, la terre, la nature.

Près de Diane dans la forêt, les femmes se sentent libres et joyeuses, elle s’éloignent du sentiment amoureux et retrouvent leur spontanéité naturelle.

Joyeuse au fond des bois comme la chaste Diane
De se vêtir des peaux du gibier qu’elle y force
Et tenir d’un bandeau ses cheveux indomptés.
Beaucoup l’ont demandée que tous elle écarta.
Fuyant, ignorant l’homme, elle court les halliers
Insouciante d’amour, d’hymen ou d’accordailles.
(Les métamorphoses, d’Ovide, Livre I, V. 475)


Et vous ? Dans quelle situation vous sentez-vous, libre, spontanée ? Etes-vous, comme Diane, contraint.e d’être célibataire pour retrouver votre nature véritable et votre instinct ?

Pour le vivre, en harmonie je vous propose une méditation guidée : « Le baiser d’Artémis ».

Illustration : Guillaume_Seignac “Diana the Huntress”

La rose initiatique

Je voudrais vous parler, aujourd’hui, d’une lecture qui m’a profondément touchée, et qui a traversé les siècles. « L’âne d’or ou les métamorphoses » d’Apulée (II ème siècle).

La réunification de la psyché, mon imaginaire mirobolant, qui m’emmène toujours plus loin, mais qui me fait percevoir l’impossible, qui me fait parler, écrire, échanger avec vous, et d’Amour, cet éros effrayant, bête avide dans le noir et ange fragile de candeur dans le jour, que l’on ne peut percevoir par les sens.

Je voudrais vous parler de ce livre, pour reconnaitre comme il m’a nourrie, et pour qu’il vous offre, à votre tour, la merveille d’une poésie qui ouvre la psyché, la libère de ses doutes, lui amène la clarté, la fluidité, la confiance, et même la foi… tout comme pourrait le faire la pleine lune de ce 17 juin 2019.

Pour cette pleine lune, … je vous souhaite, à tous, et à toutes, de réunir et d’harmoniser en vous Amour et Psyché

Pour cette pleine lune, que je sens particulièrement reliée à ces énergies et au parfum de la rose, je vous souhaite, à tous, et à toutes, de réunir et d’harmoniser en vous Amour et Psyché, que votre voix intérieure soit aimante, que votre instinct soit celui de l’amour et vous ouvre à toujours plus de douceur et de délices.

Les métamorphoses, d’Apulée

Lucius est un homme ardent de désirs, assoiffé de découvertes. Au cours d’un voyage, il entend parler d’un village où une sorcière, Pamphile, transforme tous ceux qui résistent à ses avances amoureuses en animaux. Bien qu’effrayé, il ne peut résister à l’attrait de cette découverte-ci et il s’y rend. Il parvient à s’introduire dans la maison de la sorcière et vit une relation amoureuse avec sa jeune servante, Photis. Un soir, il découvre la sorcière se transformant en Grand duc et s’envolant majestueusement. Il rêve de vivre cette expérience-là et implore Photis, malgré ses avertissements, de l’aider à y parvenir. Sauf que… il ne se transformera pas en Grand duc mais en un âne…

il entend parler d’un village où une sorcière, Pamphile, transforme tous ceux qui résistent à ses avances amoureuses en animaux

Le remède pour redevenir humain est simple, rien de magique dans cela, il lui suffit de manger une rose pour opérer la métamorphose.
Par des délices narratifs indescriptibles, Apulée décrit alors, au cours de nombreuses mésaventures, la fuite en avant de l’âne, qui, mi-humain, mi-bête, en cherchant à tout prix à vouloir manger la rose, n’y parvient pas et s’enfonce au contraire de plus en plus dans des instincts violents, des désirs ardents, l’environnement devenant toujours plus hostile et injuste à ses yeux. Au cours de son parcours mi-bête, mi-homme, Lucius entend l’histoire d’ « Amour et Psyché », la réunion, contrariée par la jalousie de Venus (mère d’Amour), mais finalement heureuse, de ces deux être qui s’aiment malgré la raison.

C’est sa foi inébranlable qui lui offrira la rose

Il s’en remet alors de plus en plus à sa condition d’âne et refuse de plus en plus de commettre des actes bestiaux pour servir sa cause et ses désirs. Il s’abandonne près d’un fleuve et implore Isis. Il s’en remet à la vie pour l’aider à retrouver sa nature véritable, devant son impuissance à se battre pour y parvenir. 

C’est sa foi inébranlable qui lui offrira la rose. Mu par une voix magique (celle d’Isis dans le livre, mais j’aime à penser que là, elle incarne la vie et la voix intérieure réunie, aimante de la vie) il sera guidé à s’emparer d’une rose dans des conditions en apparence impossibles, qui le mettent en danger et l’exposent aux yeux de tous. Il y parviendra avec une grande facilité, et redeviendra homme, initié, nu, reconnu par tous pour sa magie : avoir su se métamorphoser.


Entre larmes et rires

Aujourd’hui, je vous propose de regarder en vous-même,
Y voyez-vous un océan de douleur ou une mère de douceur ?
Quel est l’objet de cette peine ?

J’ai appris, avec le temps, que toutes les marées sont bonnes à vivre,
elles amènent toutes au large d’un horizon plus grand.

Aussi, laissons-nous porter par les vagues,
vers plus loin que soi,
là où l’océan et la mer se retrouvent,
pour notre plus grand bonheur.

Là où les cieux rencontrent la mer

J’ai envie d’être là où les cieux rencontrent la mer,
Là où le navire incertain navigue sur une eau lointaine,
Celle de mon propre désir qui me mène là où le vent me porte.

J’ai envie d’être là où tu es quand j’écris ces lignes,
De me laisser bercer par un océan de paroles
Et de jouir au milieu de toutes les fois où tu as dressé mon portrait, en pensée.

J’ai envie de faire un feu de toutes les feuilles du passé,
D’offrir au monde plus grand que moi,
Quelques feuilles de vie, éparpillées sur la terre.

J’ai envie de vivre au milieu de tout ce que j’ai abandonné,
Et tout ce que j’ai appris.

J’ai envie de sentir le parfum de l’eau,
De le saisir en mon âme
Et d’en rejaillir en ton coeur.

Photographie : Agnieszka Lorek

Le chant observateur et éloigné des douces hirondelles

Lorsque j’ai descendu un jardin de fleurs,
J’ai observé que, partout autour de moi,
Se trouvait des bonheurs.
L’un d’eux avait prit ma main
Et s’était décidé à se retourner contre moi.
L’un d’eux avait écouté son chant funeste
Et avait obéi à sa propre voix,
Il avait bien raison de faire cela,
Mais il me plongea dans le malheur.

Ce que je fis à cet instant,
Personne ne le fit avant moi.
Je cueillis une fleur du jardin,
La plus belle, 
Celle qui trône au centre de mon propre jardin.
Et je l’offris, tout simplement,
À ceux qui lisent ce poème.

L’un de vous, avide lecteur,
Saisira le chemin de mon coeur.
L’un de vous, charmant et doux lecteur,
Offrira un poème, dessiné de ses lèvres.
L’un de vous, adorable lecteur,
Se laissera faire par le chant lointain d’une hirondelle
Et celle-ci déposera,
Sur son front même
Un doux baiser emprunt de bonheur.