Un souffle d’amour pour l’angoisse

L’angoisse est mystérieuse, sulfureuse, elle se fait désirer. 

Elle se tapit dans l’ombre, et ressurgit soudain, avec ses yeux de lumière, d’un rouge éclatant qui m’évoque ma divine colère, celle qu’aucun humain ne peut combattre.

J’ai pourtant tenté, de nombreuses fois, de la remettre en place, de lui dire de se taire. Mais rien n’y a fait. Chaque fois, ombre immense, elle ressurgit au coeur de ma vie, et métamorphose tout, absolument tout, de son aura de mystère.

Alors là… tout devient dangereux. Le sort que j’appelle, la vie que je désire tant, tout conspire à ma perte. Et j’ai alors tant peur, que cela se réalise, que je dresse moi-même le portrait de mes actes, ceux qui me condamnent.

Un jour, je me suis posée à ses côtés. J’ai eu peur, profondément, et je l’ai regardée, haineuse, vaporeuse, mystérieuse.

Qui es-tu ?

Elle s’est relevée depuis son siège, et elle m’a glissé à l’oreille, ces mots que je n’oublierais jamais plus : je suis, mon amour, tout ce que tu ne veux pas voir de toi-même.

Je l’ai regardée, dans les yeux, et elle a rit, s’en allant, noire, cueillir des fleurs pour me les offrir. A peine me les donnait-elle que déjà, celles-ci se fanaient.

J’ai alors pleuré ma propre misère. Non pas que je sois en peine, mais, voyant là, tout ce que j’avais abandonné de moi, je lui ai pris la main, et nous avons fondu en larmes, toutes deux, elle et moi…

Je l’ai embrassée, doucement, sur le front, pour qu’elle aussi se souvienne, que je traçais ainsi, le sceau de nos retrouvailles, par un baiser tendre…

Je t’aime, petite fleur, ai-je dit, en voyant la fleur qu’elle me tendait, et, celle-ci s’est redressée, elle a jaillit depuis ses propres couleurs, et son parfum de myrtille a rejoint le mien…

Ode à mes larmes

Sur la magie d’une vie, il y a, un champ de fleurs, arrosé de tant de pleurs, que les tiges y dressent des corolles immenses, qui s’abondent dans la lumière du soleil.

Depuis l’enfance, je pleure abondamment, la mort, la vie, le bonheur, la souffrance, et tout se guérit en moi, tout se transforme, dans un mouvement de magie, qui est celui de la vie, tout simplement.

Le jour où je n’aurai plus de larmes, je serai sèche comme une vieille tige. Je serai dure et je résisterai aux coups. Mais un jour, on pourra me briser d’un coup un seul, un peu plus fort que les autres.

Alors, je les honore, je les bénis, je leur souris, et je ris au coeur d’elles, car, chaque fois que je pleure, je sais, qu’enfin, mon coeur a ouvert le flot de l’amour, et qu’il a fait passer un rayon de douceur au creux de la blessure qui a jaillit en moi.

le jour où je pleure, par amour, je ris de tout mon coeur, au fond de moi, d’avoir su vivre cela, et je remercie, du plus profond de mon âme, pour cette rencontre-là, que je pleure, quand elle s’éloigne, tant je l’aime…

Le jour où je pleure devant la beauté de la vie, je sens en moi, le rayon éternel, qui me traverse. Je suis humaine, pleinement, à genoux devant la terre, et tout ce qu’elle m’offre à vivre.

Je vous aime, pleurons ensemble, abondamment.

La lune est pleine.

La lune est pleine.
Elle coule un délice de soupirs au dessus de mon âme
et apprivoise un vol d’oiseaux, d’un regard un seul.
Elle découvre la ville de son aura de mystère
et m’appelle, bien au-delà de moi-même.

La lune est pleine.
Elle recouvre d’une lumière pale
tout ce qui de moi veut autre chose
Et elle aspire le venin
D’une blessure ancienne.

La lune est pleine.
Elle miroite le projet de mes mille rêves
et me montre le chemin
d’une vie enchantée,
mais, réelle.

La lune est pleine.
Elle dépose un baiser de magie sur mon front
et elle aspire, de tout son coeur,
à me voir,
pleine.

Je l’aime, la chéris,
je rebondis sur elle dans la nuit
et elle me sourit de sa pale lueur
pour me montrer l’indice de sa magie.

L’ardeur douce

Sur le sang d’un rivage, on oublie les étoiles, et l’ardeur douce apparait,
elle se saisit d’un avenir et le transcrit en rêve.

Le bonheur d’une vie s’étend dans un ciel infini et répand de la poussière d’étoiles dans un ciel sans nuages.

Lorsque j’ai su qui tu étais, j’ai regardé en moi, et j’y ai vu, l’ardeur douce.

L’ardeur douce est comme un présage que l’on ne veut pas croire, elle est cette faveur odorante d’un matin qui chante, le soleil qui se lève et qui caresse l’oubli de toute une vie.

L’ardeur douce se lève bien avant le soleil, elle dessine déjà, dès les premiers rêves, tous les destins de toutes les destinées oubliées.

Lorsque l’ardeur douce se lève, la vie peut alors commencer.

Elle resplendit de la lumière d’un paraitre et oublie de fermer la fenêtre, pour se montrer plus belle encore.

L’ardeur douce a tout oublié d’elle-même.

Elle croque à pleines dents la vie et elle rêve, elle rêve de tout ce qu’elle a déjà oublié.

L’ardeur douce, c’est moi quand je conte un rêve, l’ardeur douce, c’est toi quand tu te relèves, bien avant moi.

L’ardeur douce, c’est tout ce tas de poussière qui s’ébranle et se répand par delà la fenêtre.

L’ardeur douce, c’est toi, moi, tout simplement.

Lorsqu’une main se pose sur un piano, à l’instant même où le doigt effleure la note, l’ardeur douce se relève, elle jaillit de la vie et embrasse le ciel, elle conte des merveilles aux étoiles et elle oublie tout ce qui se passe.

L’ardeur douce jaillit, depuis la magie, mais elle n’a rien à envier au réel, elle est toutes ces destinées qui se croisent et oublient de se ressembler, elle est tous ces destins qui s’emmêlent et se croient dans le pétrin, alors qu’ils font, en réalité, la plus belle des symphonies.

L’ardeur douce a jaillit de ma main et je ne l’ai pas reconnue. La première fois, elle avait dressé tant de rêves qu’il était impossible de la saisir, ni même de la croire. Alors, je l’ai oubliée, et elle est revenue, à moi, enchantée de me retrouver….

L’ardeur douce jaillit depuis moi quand j’ai déposé un baiser sur ton front.

La main d’un pianiste se dépose sur une note et tout tourbillonne autour de lui. L’ardeur douce sonne, raisonne, comme la danse de la vie.

J’ai rêvé de toi, cette nuit…

Je ne sais pas qui tu es car je ne sais pas qui je suis.

L’ardeur douce transparait chaque fois que je me relève, elle me prend la main et me montre le chemin de la vie.

L’ardeur douce, c’est le sang qui coule dans mes veines, qui caresse ma peau et l’auréole de douceur.

L’ardeur douce, c’est toi, c’est moi, c’est tout ce qui est ensemble, naturellement.

L’ardeur douce, c’est cette étendue de vie, qui apparait devant moi, et je ne l’oublierais pas, pas cette fois.

L’ardeur douce, c’est un baiser de chocolat, qui se fait fondant, et se retient déjà.

C’est moi quand je te fais l’amour et que je ne sais pas où je vais.

L’ardeur douce, ce sont les mille roses de mon jardin qui oublient d’éclore, mais qui présagent l’amour, avec leur seul parfum.

L’espoir d’une vie d’amour

Le ciel du soir a bercé un espoir,
qui a jailli depuis mon sein,
lorsque je lui ai pris la main.

J’ai bercé d’amour,
un autre projet de vie,
celui d’une femme aimante,
amoureuse,
d’elle-même autant que de tous.

J’ai posé sur mon front,
le baiser de lumière,
celui qui me fait croire aux rêves,
autant qu’à tout ce qui se dresse,
et j’ai souris à la vie,
qui était juste là,
devant moi,
déposée à mes pieds,
comme un bouquet fleuri.
Le sourire d’une enfant,
le chant d’un oiseau
et mon pied sur un sol propre.

J’ai alors levé les yeux vers le ciel,
et envoyé un doux baiser d’amour
à tous ceux et toutes celles qui me lisent.

Je vous souhaite, une merveilleuse nouvelle lune, pleine de l’espoir d’une vie d’amour.

Illustration : Robert Hagan