Voilà, là, lorsque je serai là, tu sauras où tu es. En attendant, regarde-toi. As-tu vu que ce matin, le ciel passait à travers la fenêtre ? As-tu vu que ce matin, le miroir était empli d’alouettes ? Je ne crois pas. Alors voilà, là, en attendant que je sois là, regarde-toi. Lorsque déjà, je descends l’empire de la neige et regarde tout ce qu’il y a autour de moi, j’ai l’impression que tu existes, déjà, et pourtant, au delà des montagnes, c’est bien une neige éternelle qui subsiste, celle de mon coeur, quand je suis en effroi de te dire pourquoi je suis là. Avance, tout près de toi, confronte-toi à toi, et je serai là. Lorsque j’ai su qui tu étais, j’ai dressé un portrait mélancolieux, un dessin de toi aimant les cieux, voilà pourquoi, à chaque fois, j’oublie, totalement, qui tu es, et qui je suis, dans un même élan. Pourtant, à chaque fois, c’est le mirage qui envahit mon coeur, serait-elle là ? Est-ce elle ? Qui ? Moi bien entendu. Alors avance,  tout est là, regarde, car en réalité, je suis, déjà, là.

Photographie : Ilya Ilford

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