La lune est pleine.

La lune est pleine.
Elle coule un délice de soupirs au dessus de mon âme
et apprivoise un vol d’oiseaux, d’un regard un seul.
Elle découvre la ville de son aura de mystère
et m’appelle, bien au-delà de moi-même.

La lune est pleine.
Elle recouvre d’une lumière pale
tout ce qui de moi veut autre chose
Et elle aspire le venin
D’une blessure ancienne.

La lune est pleine.
Elle miroite le projet de mes mille rêves
et me montre le chemin
d’une vie enchantée,
mais, réelle.

La lune est pleine.
Elle dépose un baiser de magie sur mon front
et elle aspire, de tout son coeur,
à me voir,
pleine.

Je l’aime, la chéris,
je rebondis sur elle dans la nuit
et elle me sourit de sa pale lueur
pour me montrer l’indice de sa magie.

L’ardeur douce

Sur le sang d’un rivage, on oublie les étoiles, et l’ardeur douce apparait,
elle se saisit d’un avenir et le transcrit en rêve.

Le bonheur d’une vie s’étend dans un ciel infini et répand de la poussière d’étoiles dans un ciel sans nuages.

Lorsque j’ai su qui tu étais, j’ai regardé en moi, et j’y ai vu, l’ardeur douce.

L’ardeur douce est comme un présage que l’on ne veut pas croire, elle est cette faveur odorante d’un matin qui chante, le soleil qui se lève et qui caresse l’oubli de toute une vie.

L’ardeur douce se lève bien avant le soleil, elle dessine déjà, dès les premiers rêves, tous les destins de toutes les destinées oubliées.

Lorsque l’ardeur douce se lève, la vie peut alors commencer.

Elle resplendit de la lumière d’un paraitre et oublie de fermer la fenêtre, pour se montrer plus belle encore.

L’ardeur douce a tout oublié d’elle-même.

Elle croque à pleines dents la vie et elle rêve, elle rêve de tout ce qu’elle a déjà oublié.

L’ardeur douce, c’est moi quand je conte un rêve, l’ardeur douce, c’est toi quand tu te relèves, bien avant moi.

L’ardeur douce, c’est tout ce tas de poussière qui s’ébranle et se répand par delà la fenêtre.

L’ardeur douce, c’est toi, moi, tout simplement.

Lorsqu’une main se pose sur un piano, à l’instant même où le doigt effleure la note, l’ardeur douce se relève, elle jaillit de la vie et embrasse le ciel, elle conte des merveilles aux étoiles et elle oublie tout ce qui se passe.

L’ardeur douce jaillit, depuis la magie, mais elle n’a rien à envier au réel, elle est toutes ces destinées qui se croisent et oublient de se ressembler, elle est tous ces destins qui s’emmêlent et se croient dans le pétrin, alors qu’ils font, en réalité, la plus belle des symphonies.

L’ardeur douce a jaillit de ma main et je ne l’ai pas reconnue. La première fois, elle avait dressé tant de rêves qu’il était impossible de la saisir, ni même de la croire. Alors, je l’ai oubliée, et elle est revenue, à moi, enchantée de me retrouver….

L’ardeur douce jaillit depuis moi quand j’ai déposé un baiser sur ton front.

La main d’un pianiste se dépose sur une note et tout tourbillonne autour de lui. L’ardeur douce sonne, raisonne, comme la danse de la vie.

J’ai rêvé de toi, cette nuit…

Je ne sais pas qui tu es car je ne sais pas qui je suis.

L’ardeur douce transparait chaque fois que je me relève, elle me prend la main et me montre le chemin de la vie.

L’ardeur douce, c’est le sang qui coule dans mes veines, qui caresse ma peau et l’auréole de douceur.

L’ardeur douce, c’est toi, c’est moi, c’est tout ce qui est ensemble, naturellement.

L’ardeur douce, c’est cette étendue de vie, qui apparait devant moi, et je ne l’oublierais pas, pas cette fois.

L’ardeur douce, c’est un baiser de chocolat, qui se fait fondant, et se retient déjà.

C’est moi quand je te fais l’amour et que je ne sais pas où je vais.

L’ardeur douce, ce sont les mille roses de mon jardin qui oublient d’éclore, mais qui présagent l’amour, avec leur seul parfum.

Je veux être… la femme qui se relève

Je veux être celle qui étreint son amour de ses deux bras et n’oublie pas de vivre pour autant.

Je veux être celle qui reconnait la lumière dans les yeux de son prochain et n’oublie pas de se regarder dans le miroir dès le matin…
pour se dire je t’aime.

Je veux être celle qui se peigne langoureusement, car elle aime son corps comme nul autre qu’elle ne peut le faire.

Je veux être celle qui ne craint aucune terreur car elle a oublié de maudire sa propre ombre.

Je veux être celle qui rit de mettre un pied devant l’autre car elle s’amuse de la lumière qu’elle répand.

Je veux être celle qui chérit son corps meurtri par tout ce qu’elle a abandonné d’elle-même.

Je veux être celle qui pose une main d’amour sur l’épaule de sa soeur car elle y reconnait toutes ses blessures.

Je veux être celle qui ferme les yeux quand elle embrasse un homme pour se rappeler le gout que peut avoir l’éternité.

Je veux être celle qui coiffe son enfant avec amour et lui offre d’un même élan la magie du langoureux, un héritage céleste.

Je veux être celle qui vous offre de l’amour, vous fait pleurer, rire, quand elle écrit, car elle sait faire parler son coeur.

Je veux être celle qui vous emporte au delà de vous-même, au plus profond de moi-même, pour mieux vous reconnaître.

Je veux être celle qui panse ses plaies et offre à l’humanité le baiser d’une étoile.

Je veux être celle qui se rappelle qui elle est enfin,
une simple femme.. 
et se relève…

L’espoir d’une vie d’amour

Le ciel du soir a bercé un espoir,
qui a jailli depuis mon sein,
lorsque je lui ai pris la main.

J’ai bercé d’amour,
un autre projet de vie,
celui d’une femme aimante,
amoureuse,
d’elle-même autant que de tous.

J’ai posé sur mon front,
le baiser de lumière,
celui qui me fait croire aux rêves,
autant qu’à tout ce qui se dresse,
et j’ai souris à la vie,
qui était juste là,
devant moi,
déposée à mes pieds,
comme un bouquet fleuri.
Le sourire d’une enfant,
le chant d’un oiseau
et mon pied sur un sol propre.

J’ai alors levé les yeux vers le ciel,
et envoyé un doux baiser d’amour
à tous ceux et toutes celles qui me lisent.

Je vous souhaite, une merveilleuse nouvelle lune, pleine de l’espoir d’une vie d’amour.

Illustration : Robert Hagan

Une nouvelle lune

L’oiseau a été endormi par un souffle du vent,
une caresse chaude qui lui a conté un rêve,
celui de renaitre au coeur de ses cendres.
Lorsqu’il sorti son bec de sa tanière,
il a plongé directement, dans un enfer de foudres,
celles de toute une vie à attendre autre chose que lui-même.

Puis, il s’est relevé, le duvet soyeux a recouvert son dos de lumière
et il a dressé l’une de ses ailes dans le vent.
Celui-ci l’a caressé du dos de ses mains,
et lui a permis de voler,
en échange d’un baiser.

Chaque fois que tu voudras renaitre, je serai là,
chaque fois que tu me laisseras faire, je serai à toi,
à chaque instant.
Ne crains pas le souffle du vent,
qui te porte au-delà de toi
et ce sont des poussières des étoiles du ciel,
qui rejailliront depuis tes yeux,
Percevant alors, l’infinie beauté du monde,
éternelle.

Photographie : Three Nails — Workshop de Gatsby

Mon ombre, ma lumière

La danse incertaine des deux femmes qui se nourrissent en mon sein se dessine sans cesse, au creux de mon ombre et de ma lumière.

Lorsque je m’approche de la première, elle se recroqueville sur elle-même, haineuse, colérique, elle me montre du doigt la femme frivole et libertine qui danse à ses côtés, légère comme un mirage.

Ignorant tout de sa consoeur, la lumière virevolte, à en perdre haleine, ne s’occupant de rien d’autre que d’elle-même.

L’ombre occulte le fait que je sais tout d’elle-même, la profondeur qui se niche en elle, la magie de son coeur et le doute qu’elle ose nourrir en moi, me rendant à la vie en mouvement.

La lumière se croit seule au monde, et pourtant, je l’oublie parfois, trop absorbée par son évanescence.

Je les invite à se réunir.
L’une comme l’autre s’y refusent.
L’ombre regarde la lumière d’un oeil mauvais
et la lumière préfère jouer à la grande.

J’incite chacune d’elle à venir en mon coeur.
L’ombre hésite, mais une lueur d’espoir illumine son regard.
La lumière se fait maussade, mais elle ne peut refuser une telle aventure.
Toutes deux se joignent en mon sein, et se donnent la main.

Mes pieds alors se re-déposent sur le sol. Toutes mes pensées laborieuses se réveillent en une créativité joyeuse. Je suis l’ombre, la lumière, un mouvement incessant, semblable à celui d’un peintre sur une toile.

Je me dresse au coeur de moi-même et je resplendis de toutes mes facettes. 
Tantôt maligne, tantôt subtile,
Tantôt divine, tantôt atroce,
Rigolote ou vouée à la camisole,
Parfois maussade, parfois gaie,
Souvent incertaine. 
Mais qu’importe. 

Car au creux de mon sein, voilà qu’une porte s’est ouverte.

Derrière ce corps qui se relève,
et se nourrit à nouveau de la terre,
il existe, un doux secret,
celui d’une lumière éternelle, 
qui navigue sur des flots ombrageux, 
et dresse son chemin, au coeur de mon âme, 
qui s’exprime, enfin, au grand jour.

Qu’importe le chemin, 
Car me voilà femme.


Photographie: Katerina Plotnikova

Ma longue journée

Le vol d’une belle hirondelle a retenti au lointain.
J’ai ouvert les deux volets
et j’ai vu la journée commencer.
Elle était longue, voluptueuse, somptueuse,
Je le savais.

Je l’avais senti en mon coeur
comme l’annonce du jour le plus long
et j’avais jeté au ciel ma rancoeur
de ne pas la voir recommencer.

J’ai chéri le sol, sous mes pieds,
et je l’ai embrassé de mon âme,
pour le remercier,
de m’avoir portée toute la journée.

Il m’a prodiguée une caresse,
celle d’un ange qui sait que vivre,
et je lui ai répondu d’un souffle,
celui d’une femme qui ouvre ses ailes.

Je vous souhaite, à toutes, à tous, un beau solstice d’été.

La rose initiatique

Je voudrais vous parler, aujourd’hui, d’une lecture qui m’a profondément touchée, et qui a traversé les siècles. « L’âne d’or ou les métamorphoses » d’Apulée (II ème siècle).

La réunification de la psyché, mon imaginaire mirobolant, qui m’emmène toujours plus loin, mais qui me fait percevoir l’impossible, qui me fait parler, écrire, échanger avec vous, et d’Amour, cet éros effrayant, bête avide dans le noir et ange fragile de candeur dans le jour, que l’on ne peut percevoir par les sens.

Je voudrais vous parler de ce livre, pour reconnaitre comme il m’a nourrie, et pour qu’il vous offre, à votre tour, la merveille d’une poésie qui ouvre la psyché, la libère de ses doutes, lui amène la clarté, la fluidité, la confiance, et même la foi… tout comme pourrait le faire la pleine lune de ce 17 juin 2019.

Pour cette pleine lune, … je vous souhaite, à tous, et à toutes, de réunir et d’harmoniser en vous Amour et Psyché

Pour cette pleine lune, que je sens particulièrement reliée à ces énergies et au parfum de la rose, je vous souhaite, à tous, et à toutes, de réunir et d’harmoniser en vous Amour et Psyché, que votre voix intérieure soit aimante, que votre instinct soit celui de l’amour et vous ouvre à toujours plus de douceur et de délices.

Les métamorphoses, d’Apulée

Lucius est un homme ardent de désirs, assoiffé de découvertes. Au cours d’un voyage, il entend parler d’un village où une sorcière, Pamphile, transforme tous ceux qui résistent à ses avances amoureuses en animaux. Bien qu’effrayé, il ne peut résister à l’attrait de cette découverte-ci et il s’y rend. Il parvient à s’introduire dans la maison de la sorcière et vit une relation amoureuse avec sa jeune servante, Photis. Un soir, il découvre la sorcière se transformant en Grand duc et s’envolant majestueusement. Il rêve de vivre cette expérience-là et implore Photis, malgré ses avertissements, de l’aider à y parvenir. Sauf que… il ne se transformera pas en Grand duc mais en un âne…

il entend parler d’un village où une sorcière, Pamphile, transforme tous ceux qui résistent à ses avances amoureuses en animaux

Le remède pour redevenir humain est simple, rien de magique dans cela, il lui suffit de manger une rose pour opérer la métamorphose.
Par des délices narratifs indescriptibles, Apulée décrit alors, au cours de nombreuses mésaventures, la fuite en avant de l’âne, qui, mi-humain, mi-bête, en cherchant à tout prix à vouloir manger la rose, n’y parvient pas et s’enfonce au contraire de plus en plus dans des instincts violents, des désirs ardents, l’environnement devenant toujours plus hostile et injuste à ses yeux. Au cours de son parcours mi-bête, mi-homme, Lucius entend l’histoire d’ « Amour et Psyché », la réunion, contrariée par la jalousie de Venus (mère d’Amour), mais finalement heureuse, de ces deux être qui s’aiment malgré la raison.

C’est sa foi inébranlable qui lui offrira la rose

Il s’en remet alors de plus en plus à sa condition d’âne et refuse de plus en plus de commettre des actes bestiaux pour servir sa cause et ses désirs. Il s’abandonne près d’un fleuve et implore Isis. Il s’en remet à la vie pour l’aider à retrouver sa nature véritable, devant son impuissance à se battre pour y parvenir. 

C’est sa foi inébranlable qui lui offrira la rose. Mu par une voix magique (celle d’Isis dans le livre, mais j’aime à penser que là, elle incarne la vie et la voix intérieure réunie, aimante de la vie) il sera guidé à s’emparer d’une rose dans des conditions en apparence impossibles, qui le mettent en danger et l’exposent aux yeux de tous. Il y parviendra avec une grande facilité, et redeviendra homme, initié, nu, reconnu par tous pour sa magie : avoir su se métamorphoser.


Entre larmes et rires

Aujourd’hui, je vous propose de regarder en vous-même,
Y voyez-vous un océan de douleur ou une mère de douceur ?
Quel est l’objet de cette peine ?

J’ai appris, avec le temps, que toutes les marées sont bonnes à vivre,
elles amènent toutes au large d’un horizon plus grand.

Aussi, laissons-nous porter par les vagues,
vers plus loin que soi,
là où l’océan et la mer se retrouvent,
pour notre plus grand bonheur.

Là où les cieux rencontrent la mer

J’ai envie d’être là où les cieux rencontrent la mer,
Là où le navire incertain navigue sur une eau lointaine,
Celle de mon propre désir qui me mène là où le vent me porte.

J’ai envie d’être là où tu es quand j’écris ces lignes,
De me laisser bercer par un océan de paroles
Et de jouir au milieu de toutes les fois où tu as dressé mon portrait, en pensée.

J’ai envie de faire un feu de toutes les feuilles du passé,
D’offrir au monde plus grand que moi,
Quelques feuilles de vie, éparpillées sur la terre.

J’ai envie de vivre au milieu de tout ce que j’ai abandonné,
Et tout ce que j’ai appris.

J’ai envie de sentir le parfum de l’eau,
De le saisir en mon âme
Et d’en rejaillir en ton coeur.

Photographie : Agnieszka Lorek