Là où les cieux rencontrent la mer

J’ai envie d’être là où les cieux rencontrent la mer,
Là où le navire incertain navigue sur une eau lointaine,
Celle de mon propre désir qui me mène là où le vent me porte.

J’ai envie d’être là où tu es quand j’écris ces lignes,
De me laisser bercer par un océan de paroles
Et de jouir au milieu de toutes les fois où tu as dressé mon portrait, en pensée.

J’ai envie de faire un feu de toutes les feuilles du passé,
D’offrir au monde plus grand que moi,
Quelques feuilles de vie, éparpillées sur la terre.

J’ai envie de vivre au milieu de tout ce que j’ai abandonné,
Et tout ce que j’ai appris.

J’ai envie de sentir le parfum de l’eau,
De le saisir en mon âme
Et d’en rejaillir en ton coeur.

Photographie : Agnieszka Lorek

Le chant observateur et éloigné des douces hirondelles

Lorsque j’ai descendu un jardin de fleurs,
J’ai observé que, partout autour de moi,
Se trouvait des bonheurs.
L’un d’eux avait prit ma main
Et s’était décidé à se retourner contre moi.
L’un d’eux avait écouté son chant funeste
Et avait obéi à sa propre voix,
Il avait bien raison de faire cela,
Mais il me plongea dans le malheur.

Ce que je fis à cet instant,
Personne ne le fit avant moi.
Je cueillis une fleur du jardin,
La plus belle, 
Celle qui trône au centre de mon propre jardin.
Et je l’offris, tout simplement,
À ceux qui lisent ce poème.

L’un de vous, avide lecteur,
Saisira le chemin de mon coeur.
L’un de vous, charmant et doux lecteur,
Offrira un poème, dessiné de ses lèvres.
L’un de vous, adorable lecteur,
Se laissera faire par le chant lointain d’une hirondelle
Et celle-ci déposera,
Sur son front même
Un doux baiser emprunt de bonheur.

Ma mère

Ma mère a des yeux endormis quand elle se lève, puis elle pose une main sur la poignée de la porte, se lève, et elle resplendit de lumière.

Traversée par tant de haines, elle fut incertaine, douteuse face à sa vie, mais, moi, son enfant, je le sais. Je sais. Je sais tout ce qu’elle a souffert et conservé en elle, je sais tout ce qu’elle a tu, je connais la profondeur de ce regard.

Lorsqu’elle dépose sa main, sur la poignée, c’est toute une vie qui frémit, c’est le soleil qui se lève, c’est la vie qui fait son appel.

Un jour, elle m’a glissé à l’oreille des mots d’amour. Ces mots d’amour disaient tout d’une âme, ils disaient le souffle d’un coeur, la vie qui se brise et se relève.

J’ai saisi une arme au hasard, et je me suis renfermée, comme une enfant qui souffre de voir sa maman souffrir. Et pourtant… et pourtant…

Lorsqu’elle ouvre ses yeux sur le ciel, c’est tout l’amour de la vie qui s’éveille.

Lorsqu’elle ose glisser quelques sons de son âme, c’est toute une mélodie qui s’éveille en mon coeur.

Ma mère… ma mère dont le sang coule dans mes veines, ma mère qui transparait à travers moi, ma force, ma vitalité, mon énergie.

Un jour, je me suis levée, à mon tour. J’ai regardé autour de moi, et j’ai vu tous les miracles. Les miracles d’une vie transformée, les miracles d’un rêve éveillé. Voilà que j’avais pris en main le doux destin de notre lignée.

Des femmes averties, des femmes qui se battent, qui ne se laissent jamais faire, qui oublient de regarder les étoiles pour poser leur pied nu sur la terre, 

et oser l’inadmissible…

Transformer la haine d’une guerre en un amour éternel…


Illustration : “L’éternel féminin” de Chie Yoshii

Réalisation

Aujourd’hui, je vous souhaite d’offrir à une rose tout ce que vous avez envie de voir fleurir en vous.

Qu’elle vous offre son arôme et le transporte au coeur de vous-même, là où réside la source de toutes vos peurs.

Qu’elle délivre le lion en cage qui y réside et lui montre la voie ; la réalisation de votre plus grand bonheur.

Illustration : Franz Dvorak – Le parfum de la rose

Lumière

Les miroirs aux étoiles sont ceux que l’on brandit
lorsque l’on ne veut pas voir de soi, 
toutes les merveilles d’un coeur libre. 
Ils resplendissent une lumière 
qui ne sait se donner à autre que soi.

Ame libre,
pour te libérer de l’un de ces miroirs, 
regarde en toi, 
tout ce que tu ne veux percevoir ; 
une ombre divine, 
qui côtoie une lumière maligne ; 
et laisse les émerger, 
main dans la main, 
pour danser une ronde incertaine, 
celle d’une vie, 
resplendissante de toutes ses nuances, 
de toutes ses couleurs et de toutes ses matières.

Réchauffe-toi alors à l’aune du soleil 
et embrasse les toutes, 
une à une.
Tu seras lumière.

La douceur de vivre

Sur le matin d’un soleil,
c’est toute mon ame qui s’est baissée,
pour te ramasser.
J’avais joui de trop de haine
pour ne pas t’oublier.

J’ai déposé sur ton front,
le baiser d’un amour tendre,
et tu as dessiné,
doucement,
tout
tout
doucement,
tout ce que j’attendais de toi.

Poème d’amour conscient

Si le ciel est chargé de nuages, c’est parce que j’ai déposé sur ton coeur, tout ce que je ne voulais pas percevoir de moi-même.

J’ai décrit des vallées, des contrées lointaines, où toi et moi, dévions et pouvions nous retrouver.

J’ai cru aux anges, comme on croit aux miracles, pour être sûre, au fond de mon âme, que jamais, nous ne pourrions nous séparer.

J’ai obéi à des lois, à des présages, à des diktats, pour que jamais, l’on ne puisse me trouver seule, pleurant mes morts, mes mausolées, respirant la poussière, de tout ce que j’avais déjà oublié.

J’ai décrit un ciel étoilé, prévoyant la mort, le futur, et même la vie, pour être certaine que toutefois, tu reviendrais.

J’ai obéis à mon âme, qui me disait de t’oublier, et je me suis retrouvée.

J’ai fondu en moi le fer de ma destinée, et je l’ai renouée, à cheval sur mon destin, comme une femme qui prend sa vie en main.

J’ai obéi à mon coeur, à mon ventre, à mes jambes, et j’ai recraché la poussière, qui m’empêchait de respirer.

J’ai jailli depuis un lieu où l’on ne croit pas aux âmes, mais où on les sent, comme le plus pur des délices.

J’ai rebondi sur la poussière d’étoiles, pour qu’elle retourne dans le ciel où elle est destinée.

J’ai jailli depuis les flammes de mon amour éternel, pour te remettre cette fleur, de ma destinée, cueillie, choisie, chérie, arrosée, par moi-même.

Tiens, je te l’offre, prend-la, elle est tienne.

Je t’aime et cela, cela n’a rien à voir avec une histoire de miracles.