Voilà, là, lorsque je serai là, tu sauras où tu es. En attendant, regarde-toi. As-tu vu que ce matin, le ciel passait à travers la fenêtre ? As-tu vu que ce matin, le miroir était empli d’alouettes ? Je ne crois pas. Alors voilà, là, en attendant que je sois là, regarde-toi. Lorsque déjà, je descends l’empire de la neige et regarde tout ce qu’il y a autour de moi, j’ai l’impression que tu existes, déjà, et pourtant, au delà des montagnes, c’est bien une neige éternelle qui subsiste, celle de mon coeur, quand je suis en effroi de te dire pourquoi je suis là. Avance, tout près de toi, confronte-toi à toi, et je serai là. Lorsque j’ai su qui tu étais, j’ai dressé un portrait mélancolieux, un dessin de toi aimant les cieux, voilà pourquoi, à chaque fois, j’oublie, totalement, qui tu es, et qui je suis, dans un même élan. Pourtant, à chaque fois, c’est le mirage qui envahit mon coeur, serait-elle là ? Est-ce elle ? Qui ? Moi bien entendu. Alors avance,  tout est là, regarde, car en réalité, je suis, déjà, là.

Photographie : Ilya Ilford

Le coeur au milieu

Sur le dessus d’une rivière, il y a des lèvres dessinées, une à gauche, une à droite, celle du milieu dit je t’aime à tous ceux qui passent par là.

J’ai ôté mon coeur, et je l’ai rincé dans l’eau de la rivière. Il avait été sali par la poussière d’un ange, qui croyait aux ténèbres éternels. J’ai soufflé dessus et je l’ai senti battre, dans mes mains.

Je l’ai déposé dans ma poitrine, doucement, comme un oiseau endormi, et il a dessiné dans le ciel une constellation d’étoiles. L’une indiquait le nord, l’autre le sud. Je me suis perdue entre les deux, et j’ai regardé au milieu. J’ai vu un immense feu, resplendissant de joie.

Je me suis approchée, doucement, pour me réchauffer, suite à ma promenade nocturne, et c’est là qu’un cormoran est arrivé, il a regardé le fond de mes yeux et il y a glissé deux énormes diamants. Celui de droite dicte la peine, celui de gauche dicte la joie.

Lorsque mon coeur fut au milieu, tous deux purent resplendir d’amour, et je me suis baignée, réconciliée, dans le Distre d’une balade d’été.

Mon empire

Lorsqu’au lointain, se dresse un beau mirage, je m’empresse de mettre mes lunettes de vue. Sont-elles colorées d’un immense coeur ou de l’effroi d’une vie qui s’oublie ?

Mes tourments se sont toujours nichés au coeur de mes manques les plus intimes. Pour les oublier, j’avais tendance à me gaver de ce que l’on m’offrait sans ménagement.

Aujourd’hui, je dresse mes lunettes de vue et je choisis, allègrement, ce qui fait battre mon coeur, non pas d’excitation, de peur, mais de douceur, de joie, de candeur. Là, je peux avancer d’un pas, sereinement, et bâtir le plus sur des empires : le mien.

Je vous aime et vous souhaite un doux week-end, plein d’étoiles dans le coeur.

Photographie : André Arment

J’ai rendez-vous…

Lorsque j’ai décidé de faire une chose, l’envie disparaît… Cela vous fait cela à vous aussi ?

Lorsque mon envie guide le pas, je ne sais plus que faire, je suis perdue…

Pourtant, au creux de cette antre fantasque, je découvre, à chaque instant, un coeur magique, le mien, quand il vibre à l’unisson avec la vie.

Pour le réconcilier avec l’action, j’ai décidé, ou plutôt choisi, de ne plus rien faire de nouveau qui ne soit désiré. Hors, et voilà la clef, ce que j’ai désiré, je ne le sais pas à l’avance, mais je le découvre, en levant mon nez, en regardant dehors, l’autre, partout, à l’extérieur de moi.

Là, tout se dessine, tout se pose, tout se met en place, et les repères, majestueux, que je croyais devoir venir de l’intérieur, sous le joug de mes décisions, se dressent devant moi… J’ai rendez-vous avec l’amour, et, quelle que soit l’heure de ce rendez-vous, je serai à l’heure, comme lorsque j’écris, ici, chaque jour…

Photographie : Bert Stern

Choisir

Si une fois, j’ai décidé de vivre, une autre fois, j’ai choisi de vivre. Les deux se sont mêlés, et se sont retrouvés, me faisant croire, que l’un et l’autre sont reliés.

En réalité, et cela, je le sens dans mon corps, dans chaque mouvement que je fais, quand je choisis de vivre, tout chante en moi, mon souffle se fait doux, mes gestes se font tendres. Lorsque je décide de vivre, tout se raidit en moi, s’enterre, s’enferme…

Alors, ce matin, je choisis, comme chaque matin, chaque seconde qui s’offre à moi, de vous écrire, ces quelques mots, et de vous souhaiter, une délicieuse journée.

Photographie : Claudio Gotsch

La décision de vivre

Le jour où j’ai décidé d’écrire, c’est aussi le jour, où, tout s’est arrêté. Bien malgré moi, j’ai du recommencer, à tourner en rond, au coeur de ma destinée. J’avais décidé de faire, tout ce qui était juste pour moi, et à partir de là, tout s’est enrayé.

Là où j’étais dans un doux réconfort, je me suis retrouvée dans un vide, plus terrible encore que la mort, mon écriture s’était tarie, et les quelques mots qui jaillissaient de ma main me disaient, à quel point j’avais tort, de m’acharner sur ce sort.

Puis, la grâce est revenue, des années après, et je ne l’ai plus lâchée. Ce jour-là, je m’étais simplement posée, à une terrasse de café, et j’avais offert mon corps, au loisir de l’écriture, j’ai laissé faire, j’ai écrit n’importe quoi, dans un abandon illicite, celui de mon écriture.

C’est là que tout a finalement commencé.

Voilà pourquoi, en ce jour de fête, que vous soyez seul, abandonné, à plusieurs, réconciliés ou simplement amoureux, je vous souhaite le meilleur, un voyage au coeur de vous-même, dans le plus pur abandon, des saveurs, des offrandes, de tout ce que vous allez découvrir aujourd’hui…

Joyeuse fête à vous

Photo : Marrades Sol

L’amour est là où il est

L’amour est une douce chanson, que l’on se chante dès le matin, et dont le refrain, aussi savoureux soit-il, s’enraye lorsqu’il veut autre chose que sa chanson.

L’autre jour, j’ai décidé de faire un blog.

J’ai couru après ma misère, et je me suis demandée, si il allait être lu, intéresser des gens, être partagé. Voilà alors que ma main, si prompte à écrire en temps normal, s’est paralysée. La plume en l’air, je suis restée bloquée. Plus de blog, plus de partage, plus de vie, juste moi et ma colère de ne pas y arriver…

Enfin, j’ai décidé de me prendre en mains, de me forcer à écrire ! Ce fut pire, bien entendu…

C’est là, qu’un matin, ma joie de vivre est venue me chanter une autre chanson à l’oreille. Je t’aime, je te respire, à chaque seconde de ta vie, avec ou sans blog, je t’aime…

J’ai posé mon crayon, sur la feuille de mon cahier, et j’ai écrit ces quelques lignes, pour vous dire, à vous aussi, merci d’être là, de me lire, de vous aimer, de m’aimer, et, quoi qu’il arrive, vous sachant là désormais, car me sachant là, je poursuivrai.